Énurésie et encoprésie,
le pipi au lit et les selles dans la culotte

L'enfant, qui ne dispose pas encore des moyens de pensée et de verbalisation de l'adulte, exprime souvent par le corps ce qui le questionne ou le met en souffrance : les maux de l'esprit se dévoilent par les maux du corps. Les troubles sphinctériens en sont un exemple fréquent : l'enfant fait régulièrement pipi au lit, ou salit sa culotte, à un âge où il est censé être propre, soit généralement à partir de 3 ans et demi.

Ces symptômes ne sont pas seulement une question de propreté. Ils ont un sens, propre à chaque enfant, qu'il s'agit d'écouter. 

L'énurésie, un symptôme plutôt qu'une maladie

L'énurésie désigne une miction répétée qui persiste, ou qui réapparaît, au-delà de l'âge où l'enfant a acquis la maîtrise de cette fonction, le plus souvent pendant le sommeil. Fréquente et banale, elle est l'un des motifs de consultation les plus habituels chez l'enfant.

L'acquisition de la propreté n'est pas automatique. Elle dépend à la fois de la maturation du corps, de l'investissement affectif de ces fonctions, source de plaisir et de maîtrise mais aussi d'angoisse, et de la relation avec les parents. Le pipi au lit n'a donc pas un sens unique : il exprime une difficulté propre à chaque enfant.

Normal chez le tout-petit, le fait de se mouiller ne devient un symptôme qu'avec le temps. Chercher à lui attribuer un sens unique reviendrait d'ailleurs à oublier l'enfant qui le porte.

L'encoprésie, une histoire de rétention

L'encoprésie désigne l'émission répétée de selles dans des endroits non appropriés, le plus souvent dans la culotte, au-delà de l'âge où l'enfant a acquis la maîtrise de cette fonction. Plus rare que l'énurésie, elle concerne davantage les garçons.

Contrairement à une idée reçue, l'enfant encoprétique n'est souvent pas un enfant qui « ne peut pas se retenir » : la rétention des selles joue généralement un rôle majeur. Or donner ou retenir est, pour le petit enfant, l'une des premières façons de s'affirmer face à l'autre. Au moment de l'apprentissage de la propreté, il découvre qu'il peut répondre, ou non, à ce qu'on lui demande, et dire « non ». Maîtriser ses sphincters, c'est aussi découvrir que son corps lui appartient.

Cette période peut devenir une véritable lutte entre les parents et l'enfant.

Encore entourée de honte, l'encoprésie pousse souvent à cacher la situation, ce qui peut entraîner l'enfant et sa famille dans une réelle souffrance.

Questions fréquentes

Références : G. Schmit et M. Soulé, « L’énurésie infantile », et M. Soulé, K. Lauzanne et B. Colin, « Les troubles de la défécation », dans Nouveau traité de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, PUF, 2004 ; S. Muths, « L’analité de la honte », Cahiers de l’enfance et de l’adolescence, 2019 ; M. Guittonneau-Bertholet, « L’encoprésie, une lutte à corps perdu », Cliniques méditerranéennes, 2021 ; M. Ferrazzi, « Le transfert dans la cure de garçons présentant une énurésie primaire », Analyse Freudienne Presse, 2012.